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Shape of Soul

5 février - 18 avril 2026

Vernissage le jeudi 5 février 2026 / 18h - 21h

 

Shape of Soul propose un dialogue entre les photographies et compositions d’Ann Ray et les sculptures de Robert Schad se déployant dans les deux espaces du 6 et du 13 rue chapon. 
 
Au commencement, il est question de la beauté du geste.
 
Le geste — sculptural, dansé ou intériorisé — y agit comme un seuil. Il ouvre un espace de circulation où le corps, la ligne et la matière deviennent des vecteurs de pensée, des manifestations de l’âme.
 
Shape of Soul réunit pour la première fois à la galerie un riche ensemble d’œuvres d’Ann Ray, traversant plus de trois décennies de création. Des photographies emblématiques de l'univers d'Alexander McQueen — elle fut la seule photographe autorisée à tout photographier, y compris McQueen lui même, durant 13 ans— aux cyanotypes et projets récents avec les danseurs Adam Russell-Jones (Blue Room), Guillaume Diop, Nicolas Le Riche et Sylvie Guillem, jusqu’aux tableaux de la série Gratitudes, se dessine une œuvre au sein de laquelle la ligne devient écriture, trace vitale. 
 
Andy Neirotti, conservateur au Musée Réattu à Arles, souligne la liberté de sa pratique : « Ann Ray fait partie de ces artistes dont l’œuvre échappe aux carcans des médiums et des genres, dans lesquels on serait tenté de les enfermer » tandis que l’historienne de la photographie et commissaire d’exposition Susanna Brown (V&A, National Portrait Gallery) souligne : « les images qu’elle crée semblent exister dans un lieu mythique, bien au-dessus de notre monde ordinaire, flottant et dansant dans le royaume des esprits. »
 
En écho, les sculptures en acier de Robert Schad, prolongent cette réflexion sur le geste et la présence. 
 
Depuis les années 1980, le sculpteur allemand développe une œuvre héritière des avant-garde minimales (Serra, Venet…) tout en ouvrant sur un découpage poétique de l’espace qui n’est pas sans rappeler l’artiste espagnol Edouardo Chillida. Pour le critique Philippe Piguet : « La ligne, chez Robert Schad, n’est pas un simple élément formel : elle est le lieu même où se joue la relation entre la sculpture, l’espace et le corps du spectateur. » Malgré la densité du matériau, ces sculptures dégagent une étonnante légèreté, une énergie suspendue qui continue de vibrer dans l’espace. « Regarder une sculpture de Robert Schad, c’est accepter d’y projeter son propre mouvement, son propre souffle » ajoute Philippe Piguet, soulignant combien ces œuvres engagent physiquement le regardeur. 
 
Cette relation entre sculpture et mouvement s’est affirmée dès les années 2000, lorsque Robert Schad a collaboré avec le danseur catalan Cesc Gelabert pour la performance Im goldenen Schnitt II, présentée notamment au Guggenheim de Bilbao en 2000, puis au Centre Pompidou en 2002.
 
Comme l’écrit Ann Ray, ces performances seront l’occasion de créer des correspondances entre le corps des danseurs et les « calligraphies-chorégraphies » que sont ses oeuvres et celles de Robert Schad venant actualiser le titre de l’exposition. Chez Ann Ray, « Le corps, souvent présent, parfois suggéré, n’est jamais seulement une enveloppe. L’âme, quant à elle, n’est jamais abstraite. Cette alliance entre le corps et l’âme confère à l’œuvre d’Ann Ray une force rare » écrit le collectionneur Damien Bachelot. 
 
Shape of Soul ne cherche pas à définir une forme, mais à en proposer une expérience sensible : un espace de circulation où images, gestes et volumes rendent perceptible ce qui échappe aux mots.
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